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Culottes menstruelles remboursées : ce que dit vraiment le décret

30 juil.
3 min de lecture










Depuis le 18 avril 2026, c'est officiel : l'Assurance maladie va rembourser les culottes et les coupes menstruelles. On m'a beaucoup interrogée sur cette mesure depuis, souvent avec la même question — « ma fille y a droit ? ». Voici ce que le texte prévoit, et ce qu'il ne prévoit pas.

Ce que dit le décret

Le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, publié au Journal officiel le lendemain, applique enfin une disposition votée en décembre 2023. Deux ans et demi d'attente pour un texte de quelques pages.

Qui est concerné. Deux publics, qui ne se recoupent pas forcément :

  • les personnes réglées de moins de 26 ans, quels que soient leurs revenus ;

  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans condition d'âge.

Quels produits. Uniquement les coupes menstruelles et les culottes menstruelles. Les serviettes lavables, elles, restent hors du dispositif. Et le produit doit figurer sur la liste officielle publiée par l'Assurance maladie : une culotte menstruelle qui n'y est pas inscrite ne sera pas remboursée, même achetée en pharmacie.

Combien. Entre 55 % et 65 % du prix pour les moins de 26 ans. Le reste à charge peut être couvert, en tout ou partie, par une mutuelle. Pour les bénéficiaires de la C2S, la prise en charge est intégrale.

Combien de fois. Deux produits par an, pas plus. Le décompte part de la date du premier achat et se renouvelle de date à date.

Où. En pharmacie uniquement.

À partir de quand. La rentrée universitaire 2026. Attention toutefois : au moment de la publication du décret, l'arrêté fixant les tarifs de remboursement était encore en consultation. Avant d'acheter, vérifiez sur ameli.fr que le modèle que vous visez est bien inscrit sur la liste.

Ce que je retiens, et ce qui me gêne

C'est une avancée réelle. Une culotte menstruelle coûte entre 20 et 40 euros, et il en faut plusieurs. Pour une étudiante ou une famille en difficulté, ce prix d'entrée est un mur. Le lever, c'est ouvrir l'accès à des protections plus saines et plus durables. On ne va pas bouder ça.

Mais trois choses me restent en travers.

Le mot « universitaire ». La mesure est présentée comme un dispositif de rentrée universitaire, comme si le public concerné était constitué d'étudiantes. Le décret, lui, ne fixe aucun âge plancher : il parle de personnes de moins de 26 ans. Les plus jeunes concernées ne sont donc pas à la fac. Elles sont en CM1, en CM2, en sixième. Certaines, comme ma fille, ont commencé à sept ans. Le vocabulaire de la communication publique dit quelque chose de qui l'on imagine quand on imagine une femme qui a ses règles — et les petites filles n'en font pas partie.

Deux produits par an. Pour une fille qui a ses règles depuis l'âge de huit ans, dont le corps change vite et dont les tailles changent avec, deux culottes par an ne couvrent pas un cycle. Elles couvrent une journée.

Le passage obligé par la pharmacie. Cela suppose de demander. À voix haute. Au comptoir. Pour une adolescente qui n'a pas encore mis de mots sur ce qui lui arrive, ou pour une mère qui n'ose pas, ce n'est pas neutre. Le frein financier tombe, mais le frein du silence reste entier.

Concrètement, si vous êtes concernée

Attendez la publication de la liste officielle sur ameli.fr avant d'acheter. Munissez-vous de votre carte Vitale. Et si vous bénéficiez de la C2S, sachez que vous n'aurez rien à avancer.

Si vous n'entrez dans aucune des deux catégories, tout n'est pas perdu : de nombreuses mutuelles proposent déjà des forfaits sur les protections réutilisables, et beaucoup de communes ont mis en place des distributions gratuites via leur CCAS. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Association La puberté précoce, sur le chemin de l'éducation




 
 
 

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